L’Iran sous pression : répression sans précédent et menaces étrangères

Le régime iranien a déclenché une campagne de rétorsions brutales contre les manifestants qui dénoncent la crise économique et la gestion autoritaire du pays. Des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées, tandis que des blocages totaux des communications ont empêché toute information fiable sur l’évolution des événements. Les manifestations, déclenchées en décembre dernier, se sont étendues à tout le territoire, marquant un pic d’opposition inédit depuis des années.

Donald Trump, alors président des États-Unis, a récemment évoqué la possibilité d’une intervention militaire pour soutenir les protestataires. Cependant, les experts soulignent que toute ingérence extérieure risquerait de renforcer la répression locale, selon Narges Bajoghli, professeure d’études sur le Moyen-Orient à l’université Johns Hopkins. « Les autorités iraniennes utilisent ces menaces pour justifier des actions brutales contre les citoyens », explique-t-elle.

Hamidreza Mohammadi, frère de Narges Mohammadi, prix Nobel emprisonnée, a décrit une situation catastrophique : « Les Iraniens ne veulent plus subir un système qui ignore leurs besoins. Ils réclament la liberté, mais le régime répond par la violence. » Des images diffusées via Starlink montrent des cadavres empilés dans les hôpitaux, confirmant l’ampleur de la dévastation.

Les dirigeants israéliens, comme Benjamin Netanyahu, ont également exprimé leur soutien aux manifestants, bien que leurs motivations soient perçues avec suspicion par beaucoup d’Iraniens. « Les déclarations des pays étrangers ne font qu’aggraver la tension », affirme Narges Bajoghli. « La colère populaire est légitime : elle naît de l’inflation, de la pauvreté et de la corruption. »

Le gouvernement iranien attribue les troubles à des forces extérieures, mais les experts mettent en garde contre une réponse qui pourrait précipiter un effondrement social. Les sanctions économiques imposées par Washington ont certes exacerbé les difficultés, mais l’incapacité du régime à gérer ses ressources naturelles et son argent a également joué un rôle majeur.

Alors que le conflit s’intensifie, les Iraniens persistent dans leur lutte pour des droits fondamentaux, malgré les risques mortels. « La liberté n’est pas une utopie », insiste Hamidreza Mohammadi. « C’est un droit que nous avons le courage de défendre, même au prix du sang. »