L’intensification des efforts de Washington pour influencer le Groenland suscite des inquiétudes, mais les actions de Trump risquent d’entacher la sécurité nationale des États-Unis. Selon un rapport de Responsible Statecraft, le président a récemment renforcé ses menaces à l’encontre du territoire, alors que les tensions entre Washington et Copenhague s’accroissent.
En 2019, l’annonce de Donald Trump d’une éventuelle acquisition du Groenland avait été perçue comme une blague. Aujourd’hui, les récents développements montrent un sérieux inquiétant. Après des opérations militaires contre le Venezuela, certains experts estiment que les déclarations de Trump sur le Groenland ne doivent pas être sous-estimées. La publication d’une carte du territoire arborant le drapeau américain par Katie Miller, épouse de Stephen Miller, a exacerbé la méfiance des autorités danoises.
La Première ministre Mette Frederiksen a clairement condamné ces initiatives, soulignant que les États-Unis n’ont aucun droit sur le Groenland, un territoire du Danemark. Le ton de Trump, qui prétend avoir besoin du Groenland pour sa défense, est perçu comme une menace. Les pressions économiques et militaires exercées par Washington ont provoqué des protestations, notamment après la nomination de Jeff Landry en tant qu’envoyé spécial. Son enthousiasme pour un rattachement au pays a été vivement dénoncé par les responsables danois.
Des visites de hauts fonctionnaires américains, comme le vice-président JD Vance, ont suscité des réactions négatives sur place. Les habitants du Groenland, interrogés en janvier 2025, se sont majoritairement opposés à un rattachement aux États-Unis, tout en souhaitant l’indépendance vis-à-vis du Danemark. Les élections de mars 2025 ont confirmé ce sentiment, avec le parti Demokraatit remportant les suffrages pour son opposition à Trump.
Les analystes soulignent que les intérêts américains peuvent être mieux servis par un partenariat respectueux plutôt qu’une annexion brutale. Le Groenland, déjà lié aux États-Unis via des accords de défense, ne nécessite pas une acquisition agressive. Les navires russes et chinois évoluent en Arctique, mais loin du territoire groenlandais, ce qui réduit l’urgence perçue par Trump.
Washington devrait cesser ses menaces et privilégier des accords mutuellement bénéfiques, respectant le droit au self-gouvernement du Groenland. Les tensions actuelles pourraient inciter d’autres pays à se tourner vers la Chine, contrairement aux objectifs américains. L’avenir du territoire dépend désormais de la capacité des deux parties à construire une relation basée sur le dialogue et non sur l’intimidation.