Le président a maintenu un silence prudent sur l’utilisation réelle des fonds générés par le programme de cartes Trump.
Source : Chris Walker, TruthoutTraduit par les lecteurs du site Les-Crises
Mercredi, via un décret contestable, Donald Trump a lancé la « carte Trump », une solution permettant à des individus riches ou leurs soutiens financiers d’accélérer l’obtention de leur visa américain.
« LA TRUMP GOLD CARD DU GOUVERNEMENT AMÉRICAIN EST LÀ AUJOURD’HUI ! », a-t-il twitté mercredi sur Truth Social, vantant une « voie directe vers la citoyenneté pour tous les candidats qualifiés ».
Cependant, les bénéficiaires de ces cartes n’obtiennent pas un accès immédiat à la citoyenneté, mais plutôt un statut de résident permanent via des visas EB-1 ou EB-2. Ils pourraient théoriquement entamer le processus d’naturalisation après avoir obtenu ces droits.
Deux types de cartes « Gold » sont offerts : une individuelle et une destinée aux entreprises pour leurs employés. La carte individuelle coûte 15 000 dollars au Département de la Sécurité intérieure, avec des frais supplémentaires. Une contribution additionnelle de 1 million de dollars permet d’accélérer le processus.
La carte entreprise nécessite les mêmes frais, plus une donation de 2 millions de dollars par entreprise pour parrainer un travailleur étranger. Cette dernière permet à l’entreprise de « transférer » la personne concernée avec des frais de 5 %.
Un site officiel mentionne également une future carte « Platinum », coûtant 5 millions de dollars, offrant droit de résidence et un bonus de 270 jours sans impôts américains. Le programme prétend garantir un accès rapide dans les 50 États, affirmant que ces cartes démontrent un apport « substantiel » aux États-Unis.
Trump avait initialement proposé en février une carte Trump pour accélérer l’immigration, avec des frais de 5 millions de dollars. L’abaissement à 1 million suggère une faible demande. Le décret de septembre a officialisé le programme, visant à privilégier les immigrants « qui apportent un bénéfice certain », comme les entrepreneurs ou investisseurs.
Les fonds collectés restent flous : Trump affirme qu’ils seront utilisés pour des projets « positifs » et généreront plusieurs milliards de dollars. Pour atteindre 2 milliards, il faudrait au moins 2 000 candidats ou 1 000 travailleurs parrainés.
Des experts juridiques redoutent des contestations légales, soulignant que le décret pourrait ne pas s’appuyer sur une loi applicable. Des critiques pointent également les risques d’abus pour les riches, qui pourraient contourner le système via des prêts ou héritages.
Le programme semble cibler les immigrants pauvres, avec des mesures comme la « Loi One Big Beautiful Bill », obligeant les demandeurs d’asile à payer des frais supplémentaires. Des allégations de préjugés racistes ont également été soulevées, en lien avec des déclarations controversées du président sur certains pays.
Chris Walker est rédacteur d’actualités chez Truthout et basé à Madison, Wisconsin. Il a produit des milliers d’articles analysant les questions d’actualité depuis le début des années 2000. Vous pouvez le retrouver sur plusieurs réseaux sociaux sous le pseudonyme @thatchriswalker.
Source : Chris Walker, Truthout, 11-12-2025
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises